Traite Humaine

La traite humaine

Les compagnies aériennes et l'exploitation sexuelle des enfants

par Pierre Viau, ofmcap

 

L’IATA et l’OMT, une déclaration commune

Le 17 décembre 2001, l’Association Internationale du transport aérien (IATA) et l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) signaient une déclaration conjointe sur la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle dans les voyages et le tourisme. Le document souligne :

« Pour notre part, nous continuerons à encourager les compagnies aériennes et d’autres organisations internationales de voyage, sans oublier les autorités aéroportuaires, à multiplier leurs efforts de sensibilisation envers les passagers, en particulier par le biais d’articles dans les magazines de bord et par des clips vidéo en vol et dans d’autres endroits comme les salons aux passagers des aéroports, les portes d’embarquement et les autobus de l’aéroport.

Nos organisations respectives encouragent l’industrie du tourisme, à adopter des mesures d’autorégulation, telles que des codes de conduite et de bonnes pratiques, afin de compléter la législation existante, ainsi que des mesures d’éducation et de formation du personnel de nos entreprises, sans oublier le personnel qui travaille dans des destinations touristiques.
Nous espérons sincèrement que par nos actions, nous aiderons ceux qui sont déjà engagés dans la mise en œuvre des mesures nécessaires pour faire avancer les politiques mentionnées plus haut et que nous encouragerons d’autres organisations à unir leur force à cette alliance. »

Le RRSE au Québec

Au Québec, le Regroupement pour la Responsabilité sociale des Entreprises (RRSE) (www.rrse.org) formé surtout par une cinquantaine de communautés religieuses, dont la mission est de promouvoir l’engagement actionnarial, tente d’obtenir des trois compagnies aériennes un engagement plus ferme en les invitant à ratifier le Code de conduite de l’ECPAT (www.ecpat.net) qui demande essentiellement la mise en place des procédures suivantes :

• Établir une politique éthique d’entreprise contre l’exploitation sexuelle des enfants;

• Former le personnel de leurs entreprises dans les pays d’origine et dans les destinations dans lesquelles elles opèrent;

• Introduire une clause dans les contrats avec leurs fournisseurs dans laquelle ils déclarent leur rejet commun de l’exploitation sexuelle des enfants;

• Informer les touristes au moyen de catalogues, brochures, affiches, vidéos d’information à bord, billets, pages Web, ou par tout autre moyen qui leur semble opportun;

• Fournir de l’information aux agents locaux « clés » dans chaque destination;

• Informer annuellement sur la mise en œuvre de ces lignes directrices.
Aux États-Unis, Interfaith Center for Corporate Responsability (ICCR) www.iccr.org, un regroupement de communautés religieuses et de diverse Églises fait le même travail.

Delta Airlines a accepté de mettre en pratique la Code de conduite de l’ECPAT et le dialogue se poursuit avec US Airways.

Aux compagnies aériennes d’agir

Bref, il s’agit certes de dispositions qui exigent un effort important de la part des entreprises. Cependant, selon le RRSE, dans la mesure où les entreprises aériennes canadiennes négligeraient d’adopter une approche proactive et efficace afin de combattre ce fléau, les investisseurs membres du RRSE croient que ces entreprises s’exposeront à des risques importants en lien avec leur réputation. Des actionnaires, membres du RRSE, s’apprêtent à déposer une proposition à l’assemblée générale d’Air Canada.

 

vol 118, no 2 • 30 septembre 2013

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