quete_spirituelle

Le sacré, le spirituel et le religieux

Yvon R. Théroux

Je veux tout d’abord remercier La Famille franciscaine de m’inviter à contribuer à la version web de la Nouvelle Revue Franciscaine, tout en me confiant la responsabilité de la chronique « Quête Spirituelle ». C’est à la fois stimulant de m’adresser à un nouveau créneau de lectrices et de lecteurs inspirés par la vie de François et Claire d’Assise et émouvant de savoir que toujours plus de personnes se consacrent à l’expérience d’intériorité de manière lucide et authentique. Dans un premier temps, il faut préciser le vocabulaire de base qui sera utilisé dans cette première série d’articles pour dissiper toute confusion et clarifier, dans un contexte historique évolutif, le sens des mots et des idées.

 

Situons brièvement l’univers et l’expérience du sacré, du spirituel et du religieux. Plus nous reculons dans l’Histoire de l’Humanité, plus nous y découvrons la présence du sacré. Tout ce qui dépasse l’entendement et la compréhension, comme tout ce qui reste mystérieux ou puissant (ex.: les Forces de la nature) est sacralisé: des espaces, des cours d’eau, des objets, des fonctions d’êtres humains etc. L’univers du sacré se compose de mille et une réalités qui ont évolué à travers le temps et l’espace. Plus on recule dans le temps, plus on y trouve du sacré/sacré, c’est-à-dire du sacré qui réfère à une forme de transcendance, qui configure un lien entre des forces, inconnaissables, inexpliquées et l’humain, entre l’invisible et le visible, entre l’au-delà et l’ici et maintenant.

 

Plus nous approchons de nos temps dits modernes, plus il y a du sacré/profane. Nous érigeons l’humain en « absolu », ses réalisations aussi, en s’affranchissant du religieux et du spirituel. Dans toutes les sphères d’activités humaines, l’excellence, la performance, le dépassement limite inspirent, sans faire disparaître totalement le sacré/sacré souvent relégué à la vie privée des individus. De multiples Temples de la renommée existent dans les domaines du sport, de l’industrie, de la science, de l’éducation, des arts. Les facettes du profane et du sacré se côtoient depuis toujours sans nécessairement nourrir un antagonisme stérile.

Nous sacralisons individuellement et personnellement des objets auxquels nous sommes intimement attachés, des événements qui marquent notre existence, des personnes qui nous sont chères, mais pas forcément dans un contexte spirituel ou religieux. Mais quand accédons-nous à ces expériences? Retenons que, globalement, l’univers du sacré persiste depuis la genèse de l’expression de la pensée humaine jusqu’à aujourd’hui. De grandes questions interpelleront l’humain et le hanteront constamment. Comment tentera-t-il d’y répondre à travers les âges? Le sacré demeure et contient, selon des intensités variables, l’univers du spirituel et du religieux. En référant à des étapes historiques repérables, nous préciserons l’état de la question à chaque fois.

Il convient dès lors de saisir l’univers du spirituel et du religieux.

 

vol 118, no 1 • 30 août 2013

 

Ombre du sacré, spirtituel religieux
photo : Amélie Campeau

Nouvelle revue franciscaine
www.lesiaf.org • www.nrfweb.ca • www.portailfranciscain.ca
Êtes-vous inscrit à notre cyber-envoi ? Voulez-vous faire un don ?