histoire

Les Franciscains au Québec et au Canada

René Bacon

II - L’expansion rapide : 1920-1960 (3e partie)

Au début de 1940, le Pérou est une terre plus accueillante pour les missionnaires que le Japon et la Corée. Quelques Franciscains canadiens, venus du Japon, travaillent déjà à Lima auprès de la colonie Japonaise, et y établiront bientôt une paroisse et un collège. En 1944, à l’invitation de Rome, le Provincial Damase Laberge visite l’Amazonie péruvienne en vue d’y établir une mission. En 1945 est érigée la Préfecture apostolique San José del Amazonas et le P. Damase Laberge en est le Préfet ; en 1955, Rome en fera un Vicariat apostolique avec Mgr Laberge à sa tête. Les Franciscains canadiens vont écrire là, au cours des années suivantes, peut-être la plus belle page de leur histoire missionnaire. En 1960, 65 Franciscains canadiens sont missionnaires en Terre-Sainte, au Japon, en Corée et au Pérou.

Entre-temps, au Québec, le Tiers-Ordre franciscain est florissant et, bon an mal an, occupe une vingtaine de Franciscains ; on publie la Revue franciscaine et Mon cercle d’étude, en plus de la Franciscan Review pour les tertiaires de langue anglaise. Rattachés à la Province St-Joseph, on compte en 1960 556 fraternités et près de 100,000 tertiaires séculiers. Ce qui oblige les Franciscains à diriger 50 fraternités et à en visiter 400 autres chaque année. Les Franciscains se signalent aussi en des apostolats nouveaux tant par les champs d’action que par les valeurs qui les fécondent.

Mentionnons d’abord Edmond Gaudron qui, professeur de philosophie à l’Université Laval, fonde et anime la revue Culture, qui paraît de 1940 à 1970. Puis Gonzalve Poulin pour sa collaboration remarquable à la revue La Famille et à la fondation de l’Institut familial.  De 1943 à 1957, il est professeur titulaire et directeur des études à la Faculté des Sciences sociales de l’université Laval, directeur-fondateur de l’École de service social à Québec, fondateur de la revue Service social, etc. Le P. Poulin a laissé sa marque partout où il a œuvré. Adrien-M. Malo possède tous les dons du communicateur : la formation intellectuelle, la limpidité de l’expression, le don des images neuves et suggestives, le désir d’instruire. De 1942 à 1951, il se produit à Radio-Collège en des émissions très prisées du public. En 1943, il fonde l’Association catholique des études bibliques (ACBAC). Il s’intéresse aussi à l’Action catholique et au scoutisme. Il fonde en 1942 la revue La vie des communautés religieuse qu’il animera jusqu’en 1960 (et que les Franciscains dirigeront jusqu’en l’an 1995). Quant à Archange Godbout, éminent généalogiste, il fonde en 1943 la Société généalogique canadienne-française, et publie la revue Mémoires de la Société généalogique canadienne-française, société et revue qui existent encore aujourd’hui.

Alcantara Dion, spécialiste en psychologie expérimentale et en pédagogie, devient en 1935 professeur titulaire de pédagogie à la Faculté des Lettres de l’Université Laval. Il occupe d’autres chaires académiques importantes à l’École Supérieure de Pédagogie familiale et d’enseignement ménager et à l’Institut d’études familiales. En 1941, il est nommé directeur des études et professeur à l’École Normale d’Enseignement secondaire de l’Université de Montréal. Il fait aussi partie de plusieurs comités et commissions du Département de l’Instruction Publique. Sa contribution à la réorganisation de L’Enseignement secondaire contribue à faire de cette revue un porte-parole prestigieux des collèges classiques du Québec. Il exerça aussi un véritable apostolat de la plume : les quelques cinq cents articles recensés dans sa bio-bibliographie en témoignent, ainsi que ses vingt-six conférences données à Radio-Canada et publiées sous le titre Orientations (Montréal, Pax et Bonum, 1945). On a dit de lui qu’il fut, par ailleurs, « l’âme du scoutisme et du guidisme catholique au Canada ». L’évêque de Joliette, Mgr Papineau, ira même jusqu’à voir dans le P. Alcantara, à l’époque, « le cerveau de l’épiscopat canadien ». C’est tout dire. Le P. Alcantara est mort subitement en octobre 1949. Il avait bien mérité de la province canadienne des Franciscains.

Ajoutons que les Franciscains font leurs premières expériences radiophoniques dans les années 1930 avec le P. Vincent Bélanger à CKVL et Ferdinand Coiteux à CKAC. En 1938, ils connaissent un grand succès avec l’émission Saint-Antoine et les malades. À compter de 1947 à Montréal et de 1951 à Québec, la radio diffuse la messe matinale en provenance du Couvent de la Résurrection à Montréal et de celui des Sacrés Stigmates à Québec. La Province St-Joseph, qui compte alors 598 religieux, est officiellement divisée en 1955 afin de former la Custodie du Christ-Roi pour l’ouest canadien, laquelle compte alors 92 religieux. En 1960, la Province St-Joseph s’élèvera pour sa part à 514 religieux. Elle sera alors à l’apogée de son histoire. (À suivre)

vol 120, no 1 • 15 février 2015

 

Histoire franciscaine d'ici

 

Dessin en haut de page :
L'église et le couvent des Récollets construits en 1704 à l'angle des rues Notre-Dame et Sainte-Hélène à Montréal.

Ces édifices ont été démolis au cours du XIXe siècle.

 

 

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