camp familial

Les Sœurs de Saint-François-d’Assise de Lyon

Lise Jacob

Un atelier de soierie

Au milieu du XIXe siècle, dans la ville de Lyon, Anne Rollet, 26 ans, prend la tête de l’atelier de soierie de son père. Par la simplicité de sa vie, elle y attire plusieurs jeunes filles. Les apprenties travaillent et prient ensemble. Leur rayonnement s’étend à la paroisse et le groupe des canuses prend bientôt le visage d’une famille religieuse. En peu de temps, l’atelier-ouvroir de soierie devient communauté du Tiers-Ordre de Saint-François-d’Assise. Un appel d’un curé de campagne pour son école paroissiale vient étendre la première fin de l’Institut en y adjoignant « l’instruction des enfants ». Le 14 septembre 1854, en la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, Anne Rollet et ses compagnes sont autorisées à faire des vœux publics. La congrégation des Sœurs de Saint-François-d’Assise de Lyon est née.

L’arrivée au Canada

À la fin du XIXe siècle, la persécution religieuse sévit en France. Devant l’interdiction d’enseigner dans les écoles publiques, les sœurs se dirigent vers l’éducation privée. En 1901, l’édit du ministre Combes frappe impitoyablement : toutes les communautés enseignantes sont supprimées. En deux mois, nos sœurs se voient dans l’obligation de fermer dix-huit écoles. Que faire? Un événement va les conduire en terre canadienne. De passage à Lyon, le curé Lambert fait la demande de 4 sœurs pour l’établissement d’un hôpital à Beauceville . Elles y arrivent en octobre 1904. Le projet proposé traîne en longueur dans des conditions pénibles. Les sœurs répondent alors aux appels des curés des environs qui les sollicitent comme enseignantes. Malgré les difficultés, la Congrégation ouvre un noviciat à Vallée-Jonction. En 1912, comme témoignage de son désir de compenser les épreuves subies depuis leur arrivée, le futur Cardinal Louis-Nazaire Bégin autorise les sœurs à ouvrir un hôpital dans le quartier de Limoilou. L’hôpital Saint-François-d’Assise offrira le premier service de maternité de langue française et la première école francophone d’infirmières laïques à Québec.

L’œuvre des Soeurs

Parallèlement à cette œuvre hospitalière, la communauté poursuit une œuvre éducative florissante : écoles paroissiales, pensionnats, Institut familial, École normale, Collège classique. Ses insertions se multiplient à travers la province jusqu’en Abitibi où les sœurs sont impliquées auprès des Amérindiens. En 1942, à la demande de Monseigneur Jean-Louis Collignon, o.m.i., évêque des Cayes, elles essaiment en Haïti où elles dirigeront écoles et dispensaires. L’avenir de la mission sera assuré par l’ouverture d’un noviciat. Peu à peu, les sœurs haïtiennes prendront la relève des missionnaires canadiennes. En 1965, elles seront constituées en province et prendront en charge leur gouvernement.

Aujourd’hui

Alors que la communauté haïtienne est toujours engagée dans les écoles et les dispensaires, les œuvres traditionnelles ont disparu au Québec et en France. Dans leurs nouvelles formes de présence, qu’elles soient retraitées ou actives, les sœurs se veulent fidèles à leur charisme : « Appelées par Dieu à manifester la tendresse du Père révélée en son Fils, Jésus, et en Marie, sa Mère, les Sœurs de Saint-François-d’Assise de Lyon, sur les traces d’Anne Rollet, leur fondatrice, se vouent à des tâches d’éducation et de charité. Elles vont de préférence vers les délaissés, les petits et les humbles. » La communauté canadienne s’est départie de sa grande maison, le couvent Sainte-Marie-des-Anges, et les aînées vivent maintenant en résidence à la maison Beauport. Les quelques sœurs en activité tentent de répondre aux besoins de l’Église et de la société. Elles sont présentes en milieu paroissial, dans la liturgie et la pastorale, auprès des pauvres et des immigrants. Elles soutiennent des Fondations caritatives ainsi que l’Institut de formation humaine intégrale de Montréal.

Le mouvement Les Brebis de Jésus (www.lesbrebisdejesus.com), fondé en 1985 par sœur Jocelyne Huot et initié par nos sœurs, a été reconnu comme Association privée de fidèles en 2006. Il s’est défini comme mouvement ecclésial en 2011. Il demeure une mission en croissance et un lieu d’engagement privilégié pour plusieurs communautés, ici et à l’étranger. Regroupant des milliers d’enfants et leurs familles, il répond plus que jamais à leur soif d’Eau vive, Jésus le Bon Berger. Sœur Jocelyne, supérieure générale de la Congrégation, convie chacune de ses sœurs à participer par le soutien de sa prière à cette mission très actuelle d’évangélisation.

Deux ouvrages permettent de connaître davantage la Congrégation :

Sur les pas du Poverello, Congrégation des Sœurs de Saint-François-d’Assise de Lyon, M.A. Koehly, 1954.

Loué sois-Tu pour mes sœurs les saisons, Les Sœurs de Saint-François-d’Assise au Canada, Lise Jacob, s.f.a. , 2004.

 

vol 119, no 2 • 15 mars 2014

 

Histoire franciscaine d'ici

Didace Pelletier

Mouvement Les Brebis de Jésus,
Camp familial , été 2012
St-Honoré-du-Témiscouata

 

Nouvelle revue franciscaine
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